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Les Congos ou Kongos
Les Bantous, provenant du sud de l’équateur, furent l’ethnie qui influença le plus Cuba et tous les afro-américains. Les deux sous-groupes qui la compose furent les Bakongos (Angola du Nord, sud du Zaïre, sud du Congo) et les Abudus d’Angola et du Zaïre. En plus, on peut aussi nommer les Makuas du Mozambique. Toutes ces tribus, et particulièrement les Bakongos, forment la religion « Palo Monte », encore très active aujourd’hui à Cuba. De tous les termes collectifs utilisés pour dénommer les origines afro-cubaines, les « kongos » reflètent certainement le plus la diversité ethnique des populations amenées à Cuba durant les années de la traite. Les noms des cabildos Kongos reflètent les différentes migrations africaines intra-continentales. Ils utilisent d’ailleurs parfois le nom de leurs ports d’attache d’origine (Loango, Benguela, Cabilda) et parfois le nom de leurs clans comme Nsobo (Bazombo) et Mayombe (Yombe), qui ont d’ailleurs donné nom à la religion cubaine kongo. Les membres de la première ont survécu sous le nom de cabildo Kongo, San Antonio de Los Congos Reales dans l’ancienne cité coloniale de Trinidad, et continuent à pratiquer les danses pantomimes comme la Danza de la Culebra (danse du serpent), connue aussi, à La Havane, sous le nom de « Matar la culebra », et qui est en général dansée à l’occasion des comparsas Kongos, jour des rois, le 6 janvier. Beaucoup de formes de la musique cubaine contemporaine, dont la rumba et les danses de carnaval, s’inspirent des références et influences Kongos.
Les formes les plus connues de la musique Kongo durant le 19ème siècle utilisent les percussions yuka. Jouées par groupe de trois, elles provenaient de troncs d’arbres sacrés (palmier royal, arbre de Chango) de différentes tailles et étaient recouvertes de peaux de vache clouées. La plus grande de ces percussions est appelée caja ; elle est jouée de façon traditionnelle par les Kongos entre les jambes du musicien. Un autre joueur frappe avec une paire de baguettes sur le coffre de la caja, souvent sur une petite pièce de métal fixée à la base de l’instrument. Ces baguettes sont appelées guagua oucajita et on peut en jouer sur un autre instrument. La percussion de taille moyenne s’appelle la mula et la plus petite cachimbo. Les danses yuka simulent le vacunao, mouvement du pelvis que l’on retrouve également dans les danses d’origine Kongo dans toutes les Amériques.
Les couples dansent au milieu de personnes formant un cercle (choeur). Il existait des formes de danses en files mais elles ont disparu. Il y a quatre expressions dansées : makuta, yuka, palo, garabato.
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La makuta est une danse profane en couples pratiquée durant les fêtes.
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La yuka est une danse érotique où les couples miment les attitudes du coq et de la poule.
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Le palo est une danse collective reflétant les gestes du travail des champs.
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Le garabato se différencie du palo par la présence d’un crochet en bois utilisé pour les travaux agricoles.
Durant les années de l’esclavage, les propriétaires terriens offraient régulièrement à leurs esclaves et à ceux des alentours des journées de fêtes connues sous le nom de conguerias. Derrière les percussions yuka, que l’on peut encore trouver aujourd’hui dans les milieux ruraux, les chants se voulaient contestataires et étaient complétés par des solos, appelés gallos (coqs), comme on dansait la mani, danse de combat aujourd’hui obsolète, qui ressemblait à la capoeira brésilienne.
Après la révolution haïtienne, beaucoup de réfugiés, y compris des propriétaires terriens français et leurs esclaves, traversèrent la mer pour arriver au sud-est de Cuba, où ils établirent des plantations de café dans la région de Santiago. Dans cette ville, ainsi qu’à Guantanamo, certains de ces esclaves et leurs descendants, créèrent leurs propres cabildos, connus sous le nom de Tumba Francesa ou percussion française. Ils se mirent donc à jouer des rythmiques d’origine haïtienne dont les danses portaient le nom de mason et yuba, semblables à celles pratiquées à Haïti, et chantaient en créole.
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