La musique et la danse Cubaine
01-06-2008
 

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Les ethnies amenées par la traite des noirs à Cuba
Origine des danses et musiques religieuses


Introduction

L’Amérique a été découverte en 1492, mais ce n’est qu’après le début de la conquête en 1511 que les coutumes espagnoles s’implantèrent.

Lors des dernières décennies du 18ème siècle, Cuba était une île relativement peu développée, avec une économie principalement basée sur l’élevage et la culture du tabac. La culture intensive de la canne à sucre, qui commença au 19ème siècle, transforma l’île en société agricole, et la demande d’esclaves africains, introduits à Cuba par les Espagnols au début du 16ème siècle, s’accrut de façon dramatique. La traite des esclaves avec la côte ouest africaine explosa et l’on estime à près de 400 000 le nombre d’Africains qui furent amenés à Cuba entre 1835 et 1864 (soit 1150 personnes par mois pendant 29 ans). En 1841, les esclaves africains composaient plus de 40% de la population.

Les esclaves africains amenés dès le commencement, jusqu’à la fin du 19ème siècle, influencèrent directement la société cubaine. Fernado Ortiz comptait une centaine de groupes ethniques africains à Cuba au 19ème siècle et estimait qu’à la fin de ce siècle, quatorze nations distinctes auraient préservé leur identité culturelle sous forme d’associations d’aide mutuelle et de clubs sociaux appelés « cabildos », sociétés formées de noirs libres et d’esclaves provenant des mêmes pays d’Afrique, et qui incluront plus tard leurs descendants.

Juste après l’émancipation de 1886, les cabildos furent forcés d’adopter le nom du Saint Patron catholique, de s’enregistrer auprès des autorités religieuses locales et, lorsqu’ils furent dissous, de donner leurs biens à l’église catholique.

Paradoxalement, ce fut parce que l’église soutint les cabildos, que les religions afro-cubaines et les identités ethniques survécurent. Même après leur dissolution officielle à la fin du 19ème siècle, beaucoup furent maintenues de façon informelle et restèrent populaires sous leurs anciens noms africains. Quelques-unes ont d’ailleurs survécu jusqu’à aujourd’hui. Les cabildos n’ont pas seulement préservé les pratiques africaines spécifiques aux différentes ethnies, leurs membres ont réuni et synthétisé de façon créative beaucoup de coutumes africaines régionales, dont certaines, comme les Yorubas, furent longtemps séparées par les migrations et les guerres.

Seulement quatre ethnies ont laissé leurs empreintes : les Yorubas (ou Lucumis) originaires de la partie occidentale du Nigéria, les Congos (ou Paleros) provenant de la région proche de l’embouchure du fleuve Congo, les Abakwas (ou Nanigos) du sud du Nigéria, les Araràs du Bénin. La plupart de leurs modes de vie furent intégrés et acquirent leurs propres caractéristiques.

Ethnies Nombre d'Africains amenés à Cuba durant la traite des esclaves
Kongo - Bantu
400 000
Yoruba
275 000
Arara - Ibo - Ibibio - Ijaw
240 000
Abakwa - Ewe - Fon 200 000
Autres 185 000


   

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