20-06-2008
 

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La santeria


Le culte des Yorubas se répandit rapidement à Cuba sous le nom de Régla de Ocha à Santiago. Il est basé sur l’adoration des dieux (Orishas) du panthéon Yoruba et la transposition des divinités africaines avec les saints de la religion catholique, donnant lieu à un syncrétisme très important pour l’analyse de la culture.

L’origine de son nom (Santeria) est très claire puisqu’il s’agit d’un culte envers les saints (Santos). Ses rites, sa musique, ses symbolismes, ses légendes témoignent de sa complexité. Le personnage le plus important est le Babalao : c’est un conseiller et un expert en religion, il fait des oracles. En outre, chaque croyant(e) (Santero ou Babalocha pour les hommes, Santera ou Iyalocha pour les femmes) est voué à un saint (Orisha) personnel. Il est censé le vénérer en particulier, l’honorer dans sa propre maison (qui devient de ce fait un ilé-ocha, une « maison temple ») et danser pour et avec lui. La motivation de ces danses est de glorifier les Orishas ou de les attirer afin qu’ils prennent possession d’un de leurs fils (initiés) pour communiquer avec les hommes. Ce phénomène de possession s’appelle la transe (subirse ou montarse el santo).

Le panthéon Yoruba et sa mythologie ont été comparés à ceux de l’ancienne Grèce. Les dieux Yorubas ont des caractéristiques humaines comme le vice et la vertu. Dans les mythes, on raconte les faits, les aventures et la vie de ces dieux pour plus tard les évoquer dans les rythmes, les danses et les chants.

Les tambours appelés Batàs, à deux membranes de tailles différentes, la plus grande appelée Inu et la plus petite Chacha, sont frappés des mains en tenant horizontalement sur les genoux. Il y a trois tambours de tailles différentes : Iya ou el mayor (la mère), Itotele ou el segundo et Okonkolo. Le plus grand tambour Iya est muni d’une rangée de sonnailles (Chaworo). Le son de la membrane est modifié en y collant un centre résineux. En plus des tambours, il y a une maraca (Atcheré ou Güiro).

Il y a certaines interventions, par exemple le Oru del Igbodù ou Oro seco, où les tambours Batàs jouent seuls en l’honneur des Orishas. Mais habituellement les percussions accompagnent les chants et les danses. Les fêtes dans la Santeria servent aussi à exprimer la gratitude ou le mécontentement envers l’un ou l’autre des dieux. Il y a aussi des fêtes que l’on appelle Bembe. Lors de ces divertissements on ne doit pas utiliser les tambours sacrés mais les güiros (appelés aussi Awes ou Chekeres), un tambour plus une houe (sorte de pioche).

Dans les régions rurales on utilise souvent des tambours appelés Tambores Bembe. Il existe un certain nombre d’Orishas, plus ou moins importants les uns que les autres et chacun d’entre eux peut avoir plusieurs rythmes, chants et danses différents. Toutes ces danses peuvent être classées en indépendantes (les danseurs groupés face aux tambours dansent de façon introvertie et sans relation entre eux) et collectives (Aro de Yemaya) dans le cercle où l’on se déplace en sens contraire des aiguilles d’une montre. Les danses s’exécutent lors de présentation des initiés devant les tambours Batàs, pour l’anniversaire du jour de l’initiation.

Ces cérémonies s’appellent Wemilere. Les plus importants au cours de ces fêtes sont les joueurs de Batàs (Olubatà) et le chanteur soliste (Akpwon), auquel répond le choeur (Ankori). Les danseurs se placent par rapport aux tambours selon leurs niveaux dans la hiérarchie de la Santeria. Les danses de la Santeria sont sans doute les plus variées. Les mouvements les plus importants sont l’ondulation du dos qui se transmet aux bras et jusqu’aux doigts. Apparente monotonie des pas qui cache une vraie richesse des mouvements.



Les dieux et les déesses les lus importants


Elegua

C’est le dieu des chemins, patron des croisements et gardien des portes. Toutes les cérémonies ou fêtes de Santeria commencent et se terminent par des chants, rythmes et danses pour Elegua. Il danse avec son attribut, qui est entre autres, le Garabato. C’est un objet ressemblant à un crochet ou à une branche crochue, avec lequel il fait semblant d’ouvrir les chemins des hommes. Ses couleurs sont le rouge et le noir, couleurs de son costume et il porte un chapeau de paille. Il peut danser sur un seul pied et en reculant. C’est le plus terrible des dieux car il détient la clé du destin. On le rattache à l’enfant d’Attocha et à Saint Antoine de Padoue.

Oggun

Maître des métaux, de la guerre, de la montagne et des instruments de labourage. Dans toutes les cérémonies, il vient juste après Elegua. Il danse avec son attribut, la machette et exprime le travail ou la guerre. Sa couleur est le violet mais on le voit aussi avec du noir et du vert. On l’habille avec un Mariwo (jupe faite de feuille de palmier).

Ochossi

Avec Elegua et Oggun, ils forment la trilogie des Dieux guerriers du panthéon Yoruba. C’est le Dieu de la chasse. On le rattache souvent à Saint Norbert. Il danse en mimant son attribut, un arc et une flèche, en croisant les index. Ses couleurs sont le vert et le noir.

Oshun

Maîtresse du fleuve et de l’amour, de la maternité, de la beauté, de la richesse, du miel et de l’or. Ses attributs sont un abebe (éventail) orné de perles jaunes, un miroir, les coraux, etc. On la rattache à « la aridad del Cobre ». Sa couleur est le jaune, son métal l’or.

Yemaya

Divinité de la maternité universelle. Sa couleur est le bleu. Ses attributs sont un Abebe fait de plumes de paon, le soleil, une ancre, etc. C’est la maîtresse de l’eau salée. Ses danses sont douces, imitant les vagues. On la rattache à « la Vierge de Regla », patronne de La Havane. On l’habille avec une robe bleue ornée de sept bandes blanches disposées de différentes façons géométriques. Elle porte aussi sept bracelets en argent.

   

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