FolkCuba du 1er au 7 novembre 2008
17-06-2008
 

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OBJECTIFS

  • Accompagnement des projets individuels de formation des danseurs permettant de proposer des matières différentes aux élèves des écoles, conservatoires
  • Apprentissage de la pédagogie cubaine appliquée à un public européen
  • Posséder des outils et des méthodes permettant une maîtrise rythmique des percussions suffisante pour donner des cours accompagnés par des musiciens.
  • Posséder des notions de morphologie permettant une correction individuelle des élèves et une bonne connaissance du fonctionnement corporel
  • Posséder endurance et capacités physiques nécessaires à l’élaboration d’un cours annuel.
  • Savoir construire un cours de danse structuré (échauffement du corps avec une barre adaptée, techniques de pas de base et positionnement du corps)
  • Savoir interpréter les différents personnages de la culture afro cubaine (patakis, travail de l’improvisation, des solis, utilisation des accessoires typiques de chaque orisha)

PUBLIC VISE

  • Danseurs professionnels
  • Personnes désirant se former en vue d’enseigner, et désireux de varier leurs compétences et les styles de danse
  • Professeurs de salsa, de danse africaine

PROJET PEDAGOGIQUE

Contenu et déroulement des cours :

Echauffement afro contemporain : les stages commenceront avec un échauffement afro contemporain mené par Karem Ortiz de façon à intégrer les danseurs issus du contemporain ou du classique.

Méthodes appliquées et objectifs de la méthode :

  • Réveil du corps, assouplissements
  • Travail de tenue de corps, style, demis pliés et détail des tenue des bras
  • Notion de « Terre », les danses afro cubaines nécessitant un positionnement du corps particulier axé sur le plié et les mouvements de torse très amples
  • Coordination des mouvements, travail sur le dos, le torse et les épaules, caractéristique des danses afro cubaines
  • Isolation, dissociation, études rythmiques (différentes claves, toques de batas, chants)
  • Travail des attitudes mimétiques, de l’improvisation
  • Ateliers chorégraphiques permettant de mettre en place un corps de ballet et solistes
  • Manipulation d’accessoires (machettes, sabres, feu, claquettes cubaines)
  • Supports pédagogiques remis à chaque participant (histoire des orishas étudiées, historiques des différentes danses pratiquées cubaines ou haïtiennes)
  • Conférence sur la musique afro cubaine en fin de stage
  • Présentation publique du travail réalisé par les participants en fin de stage en première partie du concert de Elito Revé au New Morning le 7 Novembre

DUREE : 37h de cours répartis sur 7 jours : du 1er au 7 novembre 2008-05-27

PATICIPATION : 1200€ TTC (concert et conférence de fin de stage inclus)

LIEU : Centre Momboye – 25 rue Boyer 75020 Paris

FORMALITES : Prise en charge possible par l’AFDAS – stages en accès individualisés
Conditions de prise en charge : 2 ans d’intermittence du spectacle

Documents à fournir à l’AFDAS

  • 2 derniers relevés de congés spectacles ou copie des cachets effectués dans les 24 derniers mois avant le début de la formation
  • lettre de motivation expliquant le projet professionnel
  • devis et programme de la formation fourni par Odduara
  • dossier de demande de stage à remplir www.afdas.fr

Danses de Cuba

Les danses folkloriques cubaines sont de loin plus complexes que la salsa. Danses de mimétisme utilisant le théâtre, la connaissance des différentes polyrythmies de tambours et des différentes chorégraphies relatant les patakines (contes et légendes des orishas), les danseurs se doivent également de connaître les chants et les réponses au chanteur soliste (apkwon). Les mouvements sont compliqués et font appel soit à une extrême sensualité, soit à une grande force, le travail du corps doit être précis et approfondi particulièrement sur le buste et les épaules en perpétuel mouvement, ainsi que sur la position générale du danseur, ancré dans la terre et à la fois très aérien et léger dans l’interprétation.
Une grande partie du stage sera consacré à la technique, mais aussi à l’improvisation et à la reconnaissance des rythmes joués par les percussionnistes. Il sera également demandé aux danseurs de chanter pendant le cours.


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Cycle Yoruba

Plusieurs ethnies d’esclaves africains sont arrivées à Cuba pendant le commerce triangulaire et la traite des esclaves. Parmi eux, les yorubas ont affirmé, dans les décennies qui suivirent, leurs pratiques culturelles et croyances religieuses. Leur religion, la Santeria ou Regla de Ocha, est aujourd’hui pratiquée par une bonne partie de la population cubaine qui met tous ses espoirs de réussite dans ses divinités, les orishas. Le panthéon yoruba est formé de personnages aux caractères et personnalités très différentes, qui ont chacuns un attribut, une couleur et des caractéristiques précises, qui se retrouvent dans leurs histoires : les patakines.
La danse raconte par chaque toques (partie dédiée à un orisha jouée aux tambours batàs) les aventures des orishas entre eux et leur vision du monde. Ainsi Yemaya est-elle la déesse de la mer, forte et puissante ; Ochun, déesse de la féminité et de l’amour aura une danse suave et sensuelle; Chango, dieu du feu et de la guerre, dansera avec une machette, etc. Chaque pas correspond à une frappe précise du tambour qui appelle en fonction du chant lead. Mais les danses yorubas, qui paraissent faciles au premier abord, ont une technicité très particulière qui implique que le danseur ait une excellente oreille musicale et un dos très souple. Le corps de ballet se doit de chanter et accompagne en général un danseur soliste qui poussera l’énergie de la danse en fonction de ce que lui commande les tambours.

3 cycles seront étudiés

  • Le cycle Yoruba : yemaya (la mer), chango (le feu et la guerre), ochun (l’amour et les rivières), oggun (forge et métaux), eleggua (ouvre et ferme les chemins de la destinée des hommes), obatala (la paix), oya (le vent), babalu aye (les maladies de peau)
  • Le cycle Arara : danses issues des paysans, yuka
  • Le cycle Congo : Makuta

Seront également étudiés : le cycle Iyesa, les bembes (toques de chekerés) et les toques de guiros en fonction des orishas étudiés.

Cycle Congo

  • Bailes arara, afrekete, jevioso, babalu
  • Yuka makuta
  • Palo monte

Le cycle Congo introduit les danses de transes, danses beaucoup plus fortes et violentes pour le corps que les danses yorubas. Ces danses sont en général pratiquées par les adeptes du Palo Monte et remonte dans leurs origines aux danses agraires des paysans (yuka, makuta), le Palo quand à lui, permettra de travailler des techniques différentes : mimétisme, théâtralité des personnages mythologiques, transe et travail de buste, d’épaules. Ces danses sont complexes et rapides, elles nécessitent une excellente condition physique et sont sans doute les plus proches des danses d’origine afro-haïtiennes.


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Cycle Rumba


  • Yambu
  • Guaguanco
  • Columbia

  • Claves, bombo, rumba mimeticas

Issue des quartiers populaires de la Havane et de Matanzas au milieu du XVIIIème siècle, la rumba est synonyme de fête et de chronique sociale du solar. La rumba se divise en trois genres : le Yambu qui imite les mouvements des personnes âgées et rend ainsi hommage aux aînés ; la Columbia dans laquelle le danseur exprime ses aptitudes comme l'agilité, la force, l'intelligence et le Guaguanco, danse de couple qui s'articule autour du vacunao du danseur et des efforts de sa partenaire pour lui échapper. La Rumba permettra aux participants de rentrer dans le vif du sujet. Pas de rumba sans clave. Ces cours porteront sur l’apprentissage des 3 claves utilisées par les musiciens pour jouer la rumba. Les codes sont fondamentaux, les danseurs ne peuvent rentrer dans le cercle leur étant destiné que lorsque le chœur commence à répondre au chant lead. Les mouvements de l’homme et de la femme sont différents et font appel à l’improvisation. Certaines classes comme le Yambu, seront techniques, les autres mettront plus en scène les solistes et l’esthétique des danseurs.


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Cycle Afro Haitien

  • Gaga
  • Vaudou

Le Gagá est le tableau le plus expressif de la danse afro-cubaine. Compétitives et exubérantes par nature, ce sont des danses qui ont un côté érotique et qui utilisent des bandeaux de tissus de couleurs vives, des bâtons de feu et des machettes. Les danseurs y démontrent leur force et leur courage.
Le Vaudou vient des traditions spirituelles apportées par les esclaves haïtiens, arrivés en fuyant leur pays à la fin du XVIIIe siècle. Il se caractérise par des rythmes puissants et par la danse de transe. Les danses de transe font appel à des techniques particulières, au travail des acrobaties, à l’utilisation du feu, des machettes ou de tours se rattachant aux pratiques des cabarets. Cela est aujourd’hui courant dans les démonstrations des compagnies cubaines (conjunto folklorique de Camaguey, Raices profundas, ban ra ra..), il s’agit donc de montrer ses capacités. Danses compliquées par la violence et la rapidité d’exécution des tableaux, elles font appel aux sauts de la danse africaine avec toutefois une expression mimétique très travaillée. Les participants feront donc appel à leur sensibilité musicale puisque ce sont les tambours qui amènent la transe.

 9h-10h10h-11h3011h30-13h14h30-16h16h-17h30
Samedi 1 Afro-contemporain Rumba / Yambu Projection de films courts sur la musique cubaine Yoruba : Elegua, Ogun Yuka / Makuta
Dimanche 2 Afro-contemporain Guaguanco : Claves, Bombo Rencontre avec les enseignants Yemaya Palo
  10h-11h 11h-12h30   14h-15h30 15h30-17h
Lundi 3 Afro-contemporain Gaga - Vaudou Pause déjeuner Chango Arara, Jevioso, Babalu
Mardi 4 Afro-contemporain Columbia Pause déjeuner Ochun Afrekete
Mercredi 5 Afro-contemporain Apila el arroz ou Papalote, Gavilan, So so so, Caballo Pause déjeuner Obatala Gaga - Vaudou
Jeudi 6 Afro-contemporain La meneadera, Mama abuela Pause déjeuner Babalu aye Congo ibo
Vendredi 7 Afro-contemporain Guaguanco Pause déjeuner Oya Conférence Maya Roy

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Karem Ortiz

Titulaire d’une licence en Art chorégraphique et du Diplôme d’Etat français pour enseigner, Karem Ortiz a été formée à La Havane, sa ville de naissance, à l’Ecole Nationale de Ballet Classique Alicia Alonso puis à la ENA. Elle arrive en Europe en 2003 pour suivre une formation en danse contemporaine à Séville et vit depuis en France où elle donne des cours et des master class. Danseuse soliste au sein de la compagnie Danza Combinatoria, elle participera à de nombreux festivals et intégrera en 2005 la « Salsabor Dance Company » à Paris. Karem reçoit plusieurs prix d’interprétation à l’ENA, le 1er prix de danse moderne du IX concours des jeunes danseurs de l’UNEAC à Cuba, le prix du Public du concours national de danse de Voiron (France). Elle chorégraphie également depuis 2004 plusieurs pièces courtes fusionnant danses et cubaines traditionnelles ou afro avec la danse contemporaine, la dernière « Rumba para 2 mujeres » ayant déjà remporté un vif succès. Aujourd’hui karem enseigne les danses cubaines, ses spécialités : lady style, techniques de tours, timing et musicalité, dynamique shines. Barre et assouplissement font d’elle une pédagogue avertie reconnue par « yambu dance compagnie », « salsabor », le « studio Harmonie » et de nombreux congrès mondiaux de la salsa. Karem assurera les échauffements du matin, le réveil du corps et la musicalité des mouvements, elle sera donc en charge de faire assimiler aux participants les mouvements de corps nécessaires à la pratique des danses afro cubaines.


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Alberto Gonzales

Après des études supérieures à l'Ecole Nationale de Danse de La Havane, Alberto Gonzales gagne le grand prix Alicia Alonso au festival de ballet de la capitale cubaine en 1998, puis le festival de danses folkloriques de l'UNEAC, l'Union Nationale des Écrivains et Auteurs de Cuba. Il intègre le Conjunto Folklorico Nacional de Cuba en 1996 comme danseur soliste, puis, après quelques tournées internationales, dont une aux États-Unis, il part au Danemark en 2000 comme professeur de danse à Arhus. Il s'installe en France en 2002 où il donne des cours et assure des stages de folklore.




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Jorge Camaguey

Jorge Izalguez vient de Camaguey à Cuba, personnage reconnu dans plusieurs pays européens pour sa fougue et sa bonne humeur, il est installé à Barcelone depuis 1997. A 8 ans, il crée son premier festival au Théâtre Tasendi de Camaguey, où on lui décèle un talent certain pour les arts de la danse, il s’en suivra son entrée à la ENA. A 20 ans, il monte un groupe folklorique avec d’autres danseurs de sa province et crée en 1990 le ballet folklorique de Camaguey, reconnu aujourd’hui comme l’un des meilleurs de Cuba. Après une tournée en Italie, il décide de rester en Europe, qui sera finalement sa plus belle école. Camaguey est l’un des enseignants possédant une connaissance théorique et pratique des danses qu’il maîtrise, son humour, sa pédagogie sont très appréciés de ses élèves qui estiment lui devoir le développement de la salsa à Barcelone, mais aussi dans les pays de l’est où il a été l’un des précurseurs. Camaguey doit son surnom à Carlitin, qui l’appela ainsi pour le distinguer des autres danseurs de Barcelone qui portaient le même nom de famille.
Jorge est connu pour son tempérament explosif, son imagination dans la danse mais il s’agit en réalité d’un personnage calme et réfléchi, qui sait exactement ce qu’il enseigne. Défenseur absolu de la culture traditionnelle cubaine, c’est le roi de la rumba et du guaguanco que nous accueillons pour cette formation.


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Nichito Castillo Duverger

Luis Ernesto Castillo Duverger dit « NICHITO » est né en 1966 à Guantanamo dans l’Oriente de Cuba. Il commence sa carrière artistique dans sa ville natale en 1986 avec le groupe amateur «Aficionados de octubre ». En 1989, il intègre la compagnie professionnelle « Danza Libre » où il s’initie aux danses folkloriques afro-cubaines et à la danse contemporaine. Quelques années plus tard, il intègre le corps de ballet, puis occupera la place de danseur soliste spécialisé dans le rôle de Chango, dieu du feu et de la guerre dans le Panthéon Yoruba. En 1993, Nichito s’installe à La Havane suite à l’invitation d’Isaias Rojas, directeur de la prestigieuse compagnie « Ban Râ Râ » (Narciso Medina), avec qui il partira plusieurs fois en tournée en Colombie et aux Etats Unis. Nichito enseignera ensuite les danses cubaines au sein de la compagnie Caribe Musica Dance où il sera remarqué en l’an 2000 par le chorégraphe et le producteur de Lady Salsa : « Avec eux j’ai pu travailler avec Pupy, Juan Formell, Samuel Formell, qui étaient également enseignants mais pour la musique. C’est là où j’ai rencontré les producteurs de la compagnie Lady Salsa dont j’ai été l’un des danseurs fondateurs. » En 2001 et 2002 s’enchaînent alors les spectacles dans le monde entier : Australie, Nouvelle Zélande, Londres, Lituanie.

Nichito commence ensuite à travailler avec la Compagnie Rakatan, spécialiste des danses traditionnelles afro cubaines et afro haïtiennes avec qui il part en Europe : la Suisse 3 mois, puis la France avec le groupe de Son « Sonora la Calle » et enfin l’Italie. En 2004, Nichito s’installe à Paris où il décide de mettre en avant ses spécialités alors que la majeure partie des danseurs cubains enseignent la salsa. Les débuts sont difficiles et il commence à donner des cours un peu partout en France. Mais la réputation de ce danseur complet ne tarde pas à faire le tour des écoles de danses en France mais aussi en Suisse, Belgique, Luxembourg, Italie, Martinique… Il devient peu à peu la coqueluche des festivals. Nichito donne des cours de « Salsa Suelta », enchaînements de pas issus de toutes les danses cubaines du Son au folklore : « La Salsa Suelta existait à Cuba mais c’est un style qui a pris sa force avec Oscar D’Leon dans les années 80, au festival de Varadero. Quand j’ai donné les cours pour Caribean Musica dance, devenue plus tard Plazacuba.com, les élèves venaient apprendre les danses populaires et la salsa cubaine. Les barres ont permis de développer le style car il fallait leur apprendre les bases de la danse. La classe est donc devenue plus technique, on a donné des noms aux pas pour plus de facilité. C’est une danse libre où l’on peut passer par toutes les phases des danses cubaines, de la populaire à l’afro, tout le monde peut inventer des chorégraphies. Pour moi la salsa c’est comme la bouffe, s’il n’y a pas de sauce, il n’y a pas de goût. Avec la salsa suelta je peux passer toutes mes envies : le romantisme, l’énergie, la force… C’est ma façon de vivre. « Linda y maravillosa. Lo que hay que entenderla (ndlr) » «Celui qui apprend la salsa suelta deviendra un danseur des plus complets »

Nichito est un danseur inventif et spontané dont l’énergie étonne tous ses élèves et ceux qui le croise. Aujourd’hui Nichito est l’un des enseignants de l’Institut Supérieur des Arts Afro Cubains à Paris et enseigne dans tous les festivals, il accompagne des groupes tels que Sergent Garcia ou Julien Loureau vs Rumbabierta, Angel Yos y su Fiesta Cubana. Au début de l’année 2007 et sur l’impulsion du Festival « Cuba Hoy » à Toulouse, Nichito s’improvise chorégraphe et met en scène « Del Caribe Soy », spectacle pour 6 danseurs et 5 musiciens où 2 tableaux des danses afro cubaines sont présentés : la partie Yoruba qui met en scène les dieux et déesses du panthéon Yoruba et la partie Afro-haïtienne, entre danses Gaga et vaudoues où Nichito peut montrer les arts du feu et des machettes que pratiquaient les esclaves à Cuba : « Les danses afro-haïtiennes, c’est la naissance de ce que je suis comme artiste, mes racines, mes habitudes, ma province. Ce sont les premières danses que j’ai commencé à pratiquer comme danseur de compagnie, en dehors des danses populaires déjà connues. Ces danses, je les ai apprises avec les « portadores », ceux qui descendaient directement des haïtiens arrivés à Cuba : los cosia de Guantanamo, groupe traditionnel ; la tumba francesa, groupe de Guantanamo (…) J’ai aussi fait beaucoup de rencontres et beaucoup d’échanges avec les danseurs présents pour les festivals Caribailes, etc. L’afro haïtien m’a ouvert les portes. C’est mon folklore et j’adore enseigner ces danses là aux gens parce que ça m’appartient, c’est comme les danses africaines ou la Polka ! C’est la base fondamentale, pour la salsa et le reste. Le gaga c’est la danse du carnaval, plus relâchée, qui pourrait permettre, à long terme, d’inventer une nouvelle forme de fitness. Le Vaudou, c’est la danse de transe, c’est comme une préparation à la guerre, en l’occurrence pour moi, une préparation physique comme je le faisais à Cuba. Ce sont des danses extrêmement fortes et énergiques. Dans les écoles d’art à Cuba, le vaudou c’est comme l’entraînement physique des sportifs de haut niveau. »

Nichito devient également le danseur qui accompagne le groupe cubain de salsa de Maikel Blanco en France mais aussi l’intervenant préféré de APEJS, ADDIM… C’est aussi lui qui commence à développer la Rumba traditionnelle avec Onilde Valon Gomez et apprend au public français l’existence de danses folkloriques de l’oriente : Tumba Francesa, Gaga, Vaudou, Chancletas (claquettes)… Il dit d’ailleurs qu’en fonction de sa préparation physique dépend son énergie, ce qui le maintient vivant.


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Javier Campos

Héritier de deux grands maîtres de la musique traditionnelle, Angel Bolaño et Regino Jimenez, Javier Campos Martnez joue depuis son plus jeune âge. Né à La Havane, il commence à jouer la rumba à six ans et à sept, il intègre la Comparsa del Alacran de son quartier, le Cerro. Il s'initie par la suite aux batás, tambours utilisés dans les cérémonies de Santeria et devient Omo Aña (maître des tambours sacrés). En 1997 à La Havane, Javier crée l'ensemble Afrekete autour de plusieurs générations de musiciens cubains. Leur premier disque, Iyabakua, puise dans le répertoire traditionnel de la musique afro-cubaine (musique Yoruba, Carabali, Bantu, Arara) et populaire (Rumba). Une première tournée en Europe en 2000 les amènent à se produire dans de nombreuses salles et festivals. Il participe à plusieurs formations musicales et a joué notamment aux côtés d'Omar Sosa (tournée internationale 2002), Orlando Poléo ou encore David Murray et El Hadj NDiaye.

On le considère aujourd'hui comme un des plus éminents interprètes de la jeune génération des percussionnistes cubains. Depuis son arrivée en France en 2002, Javier Campos oeuvre à nous faire découvrir un répertoire méconnu. Avec le collectif Rumbabierta dont il est l'un des percussionnistes, il contribue à développer la rencontre entre les musiques cubaines et le jazz. Pédagogue réputé, il a été professeur à l'Institut Supérieur des Arts de La Havane (ISA) de 1992 à 2001 et membre du jury du festival PERCUBA aux côtés de Tata Guines et Changuito. Il a aussi enseigné à plusieurs reprises à l'Université de Lima au Pérou et anime de nombreux stages et master classes (Percussie Festival en Hollande, Conservatoire de Rotterdam et d'Amsterdam). Javier est aujourd'hui professeur à l'Institut Supérieur des Arts Afro Cubains à Paris.

Discographie :

  • Agnès Jaoui - Canta (Tôt ou tard/2006)
  • DVD de méthode de percussions : Cuban Rumba, Guaguanco, Yambu, Columbia, Timba, Timbalaye, by the Cuban masterdrummer Javier Campos Martínez (Rein Music Productions/2005)
  • Mark Lotz & Shangos dance - Cuban fishes make good dishes (Loplop/2004)
  • Bayuba Cante - Orunmilas dance (Network Medien GMBH/2002)
  • Afrekete - Iyabakua, Afro-cuban traditional Music (Pan Records/1999)
  • Mark Lotz - Blues for Yemaya (VIA Records/1997)Mark Lotz - Lotz Of Music Meets Batá Drums/Le Coq Rouge (Via Records 1997)

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Martha Galarraga

Martha Galarraga est née à La Havane en 1969. Elle est la fille du grand maître Lazaro Galarraga, membre fondateur du Conjunto Folklorico National de Cuba et ardent défenseur de la musique et de la culture afro-cubaine. Lazaro Galarraga est l’un des plus grands chanteurs de la tradition musicale yoruba de la santeria, mais il est aussi professeur, compositeur et chorégraphe. Installé à Los Angeles depuis 1982, il est actuellement le co-directeur musical des « Maestros del Son » et du « PAWS Afro-Cuban Folklore Ensemble ». Martha débute sa carrière en 1990 comme chanteuse soliste du Conjunto Folklorico National de Cuba, avec lequel elle part en tournée en Europe, aux Etats-Unis, en Chine et en Corée.

Elle s’installe en Europe en 1997 et enseigne les danses et les musiques afro-cubaines dans différentes institutions : Centre de danses du Marais, Le Chantier (Montreuil), Afro Latine (Woche, Allemagne), Ritmondiale (Koblenz, Allemange), Musikschule (Kaaiserslautern, Allemange), Bessunger knabenschule De 1999 (Darmstadt, Allemange). De 1999 à 2003, Martha accompagne au chant le pianiste Omar Sosa, avec lequel elle enregistre 3 albums : Puros (2000), Prietos (2001) et Sentir (2002 nominé aux Grammy Awards). En 2002, à l'occasion de la tournée et du CD "Chants de Noël Latino-Américains", elle rencontre le pianiste Simon Bolzinger et décide de créer sa propre formation. L’aventure GALARUMBA commence… En septembre 2007, Martha participe à un projet de résidence à l’Opéra Bastille en tant que chanteuse vedette.

Interprète et improvisatrice de talent, spécialiste des traditions musicales afro-cubaines (chants Yorubas, Congo, Arara, Tumba Francesa, Franco Haitiano, Gaga, Carabali, Rumba, Son, Chachacha, Mambo et Salsa) qu’elle mêle avec finesse aux musiques actuelles (jazz, soul, funk), Martha Galarraga est aujourd’hui l’une des plus grandes divas de Cuba.

Discographie :

  • Madomko - D’ouest en ouest (Gimini Music/2007)
  • Chants de Noël Latino-américains (Picante/2003)
  • Oloyu Obba - Oni Oni (Arion/2003)
  • Omar Sosa - Sentir (Ota Records - Night and Day/2002)
  • Chango Dance (2002)
  • Bayuba Cante - Orunmila’s Dance (Network Med - Harmonia Mundi/2002)
  • Felipe Cabrera - Evidence from el cayo (Win Win/2001)
  • Omar Sosa - Prietos (Ota Records - Night and Day/2001)
  • Homenaje a Regino Jimenez (2000)
  • Omar Sosa - Puros (Ota Records - Night and Day/2000)
  • Bayuba Cante - Cheva (Network Med - Harmonia Mundi/1999)
  • Afrekete - Iyabakua (ICAIC - Pan Records/1997)
  • OBA ILU - Santeria (Egrem/1995)
  • Lazaro Ros - Olorun (Xenophil Records/1994)
  • Yoruba Andabo - Del Yoruba al Son (1990)

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Sebastien Quesada

Né en 1972 à Santiago du Chili, Sebastian rejoint son père Carlos Quezada, membre du groupe Quilapayun, en exil en France après le coup d'état de 1973. Il étudie les percussions classiques et obtient une médaille d'or au CNR de Versailles. Il étudie aussi les tambours batàs et les chants yorubas avec Regino Jimenez au cours de plusieurs séjours à Cuba. Il a participé à la création de l'opéra «la confession impudique» de Bernard Cavana avec 2E2M et a tourné en Allemagne avec l'orchestre de Bordeaux Aquitaine «les Soldats» de Bern Alois Zimmerman. Il a accompagné aux percussions (timbales, bongos, congas) de nombreux artistes internationaux tels que Yuri Buenaventura, Anga Diaz, Maraca Valle, Orlando Poleo, Azuquita, Pibo Marquez y los Manos calientes.

Discographie :

  • Quilapayun - Siempre (2007)
  • Julien Lourau - Fire & forget (Label Bleu / 2005)
  • Mino Garay y Los Tambores del Cielo - Kilombo (Indé / 2005)
  • Guest Dee Dee Bridgewater DVD Live « Jazz à Antibes 2005»
  • Patrice Caratini Jazz Ensemble - From the ground (Harmonia Mundi / 2004)

Maya Roy

Conférence sur les musiques cubaines : Cuba, Et maintenant ?


L'ambition affichée de réconcilier excellence et marché se heurte à des limites objectives et subjectives. Une certaine répétitivité se fait sentir ; il devient difficile de distinguer un orchestre d'un autre ; certains cèdent à la facilité. Surtout, presque tous les jeunes musiciens cubains ont été formés dans les mêmes écoles et ont certainement du mal à se dégager des théories de l'orchestration et des harmonies qui leur ont été inculquées. La timba doit aussi faire face à une autre contradiction : s'insérer dans un marché extérieur demandeur de " cubanité ", alors que leur musique est aux antipodes à la fois de la musique cubaine traditionnelle et de la salsa commerciale des États-Unis et d'autres pays d'Amérique, tout en faisant recette dans leur propre pays. Ils ont eux-mêmes forgé une image et des sonorités dont ils sont prisonniers sur place ; changer brusquement de style signifierait se saborder en se coupant de ce qui fait une partie de leur force et de leur inspiration : leur public cubain. José Luis Cortés amorce des changements dans ses dernières créations ; Klimax avec Geraldo Piloto continue ses recherches sans se laisser troubler par les critiques qui l'accusent d'une trop grande complexité au détriment du côté dansant. D'autres, pour obtenir une reconnaissance internationale, se rapprochent de la salsa " romantique " : c'est le cas d'Issac Delgado, l'un des chanteurs de NG La Banda à sa création.

A côté de la timba, beaucoup de groupes reconnus travaillent à faire évoluer la ligne de la tradition dans la modernité établie par leurs aînés : Juan Carlos Alfonso, ex-pianiste de l'orchestre Revé, avec Danden, Pachito Alonso y sus Kini Kini, Yumurí y sus Hermanos, constituent une musique de danse efficace sans être tapageuse. Plus récemment, le pianiste et compositeur Manolito Simonet, ex-directeur de l'orchestre charanga Maravillas de Florida, avec une formation originale qui conserve même le violoncelle de l'orchestre typique en y ajoutant clavier, batterie et timbale accolés, deux trompettes et deux trombones, a réussi une percée dans le public cubain comme à l'extérieur. Cándido Fabré, ex-chanteur de l'Original de Manzanillo, livre toujours bataille pour défendre avec un talent d'improvisateur hors-pair la tradition du son de sa ville natale, alors que beaucoup de jeunes tentent leur chance en reproduisant fidèlement le son des années trente à cinquante qui plaît tant à l'extérieur. Si l'on ajoute à ce panorama la nouvelle jeunesse des " anciens " qui retrouvent avec une joie non dissimulée le chemin de la scène et des studios, on en conclura qu'avec ou sans la timba, l'île de Cuba n'a pas fini de nous étonner.

   

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