Afro-haïtien

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avec Nichito Castillo Duverger

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Le Gagá est le tableau le plus expressif de la danse afro-cubaine. Compétitives et exubérantes par nature, ce sont des danses qui ont un côté érotique et qui utilisent des bandeaux de tissus de couleurs vives, des bâtons de feu et des machettes. Les danseurs y démontrent leur force et leur courage.

Le vodú vient des traditions spirituelles apportées par les esclaves haïtiens, arrivés en fuyant leur pays à la fin du XVIIIe siècle. Il se caractérise par des rythmes puissants et par la danse de transe.

Le cours est accompagné par 3 percussionnistes


Durée : 30 séances d'1h30

Public : intermédiaires, avancés

Déroulement : échauffement puis élaboration de chorégraphie

Matériel : chaussures adaptées, parquet, miroir, chaîne hi-fi, vestiaires, douches

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Luis Ernesto Castillo Duverger - Nichito

Luis Ernesto Castillo Duverger (dit "NICHITO") est né à Guantanamo dans l’oriente de Cuba, en 1966, d’une mère assistante médicale et d’un père technicien. Il commence sa carrière artistique dans sa ville natale en 1986 avec le groupe amateur « Aficionados de octubre ».

« Avec Aficionados de octubre, j’ai eu la chance de danser dans tous les festivals de l’île, ce qui m’a permis de rencontrer les directeurs de compagnies. Ce groupe fût ma première expérience en tant que danseur professionnel, c’est aussi là où tous les chemins se sont ouverts pour moi… »

En 1989, il intègre la compagnie professionnelle « Danza Libre » où il s’initie aux danses folkloriques afro-cubaines et à la danse contemporaine. Quelques années plus tard, il intègre le corps de ballet, puis occupera la place de danseur soliste spécialisé dans le rôle de Chango, dieu du feu et de la guerre dans le Panthéon Yoruba.

« Danza libre m’a permis d’affiner mon style en mélangeant pour la première fois technique contemporaine et danses folkloriques. J’y ai obtenu ma première évaluation technique comme danseur soliste (folklore) et comme intégrant de corps de ballet en danse contemporaine. Danza libre m’a donné la force de travail : lorsqu’on travaille la danse 8 heures par jour en plus des spectacles et des tournées, on acquiert à la fois précision et expérience… »

En 1993, il s’installe à La Havane suite à l’invitation d’Isaias Rojas, directeur de la prestigieuse compagnie « Ban Râ Râ » (Narciso Medina), avec qui il partira plusieurs fois en tournée en Colombie et aux Etats Unis.

« Ban ra ra fut la compagnie qui m’a permis de sortir de l’ombre. Les voyages internationaux ont affiné la réputation de danseur que j’avais et surtout m’ont servie de tremplin pour intégrer d’autres compagnies. C’est aussi l’époque où j’ai commencé à donner des cours aux touristes venant visiter Cuba. Tous les danseurs étaient issus de Guantanamo et la compagnie était très unie. Tout le monde vivait ensemble, presque à l’européenne ; époque où Cuba a commencé à exporter sa culture et à accueillir les touristes du reste du Monde. Ban Ra Ra, a été mon expérience la plus forte dans tous les termes »

Il enseignera ensuite les danses cubaines au sein de la compagnie Caribe Musica Dance où il sera remarqué en l’an 2000 par le chorégraphe et le producteur de Lady Salsa.

« C’est la première compagnie cubaine qui a organisé des stages de danses avec les touristes américains… Avec eux j’ai pu travailler avec Pupy, Juan Formell, Samuel Formell, qui étaient également enseignants mais pour la musique. C’est là où j’ai rencontré les producteurs de la compagnie Lady Salsa dont j’ai été l’un des danseurs fondateurs. »

En 2001 et 2002 s’enchaînent alors les spectacles dans le monde entier : Australie, Nouvelle Zélande, Londres, Lituanie…

« Avec Lady Salsa, j’ai eut la chance de danser avec les danseurs du ballet de la télévision cubaine, autre expérience… C’est aussi la première fois que je mettais les pieds en Europe pour montrer les danses cubaines populaires – salsa, son, mambo, cha cha cha – et folkloriques. Le spectacle était une carte de visite de ma culture et des danses de mon pays, il fallait donc travailler dur pour montrer au public européen que les cubains aussi avaient du talent… »

Nichito, puisqu’on l’appelle désormais comme ça, commence ensuite à travailler avec la Compagnie Rakatan, spécialiste des danses traditionnelles afro cubaines et afro haïtiennes avec qui il part en Europe : la Suisse 3 mois, puis la France avec le groupe de Son « Sonora la Calle » et enfin l’Italie.

« L’Europe, le maximum ! Mais quel froid de canard ! L’Europe m’a plu parce qu’elle m’a donné l’opportunité de continuer ma carrière tout en enseignant la culture de mon pays. La France, c’est le pays qui me plait le plus, pour sa géographie centrale en Europe mais aussi parce que la culture française est très proche de ma propre culture. »

« Sonora la calle intégra Lady salsa et Rhakatan pour un moment. J’en ai un souvenir d’une relation extraordinaire avec les musiciens, il m’ont rendu fanatique de la percussion, depuis je cherche le moyen de danser comme les parties de percussions. J’ai donc commencé à jouer le guiro avec eux et à côté je continuais à danser. »

En 2004, Nichito s’installe à Paris où il décide de mettre en avant ses spécialités alors que la majeure partie des danseurs cubains enseignent la salsa. Les débuts sont difficiles et il commence à donner des cours un peu partout en France. Mais la réputation de ce danseur complet ne tarde pas à faire le tour des écoles de danses en France mais aussi en Suisse, Belgique, Luxembourg, Italie, Martinique… Il devient peu à peu la coqueluche des festivals. Nichito donne des cours de « Salsa Suelta », enchaînements de pas issus de toutes les danses cubaines du Son au folklore.

« En Italie c’était génial, à Madrid aussi mais l’arrivée à Paris !!! La première fois que je suis arrivé à Paris, ce n’était pas comparable avec les autres pays, c’était le maximum ! Ca a changé ma vie. Vivre ici, c’était comme au début de ma carrière avec Ban ra ra : chercher du travail à nouveau, essayer de se faire connaître des associations, des groupes de musiques locaux, il a fallu tout recommencer. Paris a été ma source d’inspiration mais aussi la ville qui m’a ouvert les yeux. Ici j’ai dû laisser toutes mes années d’expérience à Cuba comme danseur. Ici j’ai été obligé d’inventer pour être le meilleur, je n’étais pas le premier cubain à donner des cours et mon désir aussi était de monter sur scène. J’ai fait beaucoup d’échanges avec les autres danseurs et la communauté cubaine m’a permis de rencontrer beaucoup de gens. »

Nichito est un danseur inventif et spontané dont l’énergie étonne tous ses élèves et ceux qui le croisent. Aujourd’hui Nichito est l’un des enseignants de l’Institut Supérieur des Arts Afro Cubains à Paris et enseigne dans tous les festivals, il accompagne des groupes tels que Sergent Garcia ou Julien Loureau vs Rumbabierta, Angel Yos y su Fiesta Cubana…

« La Salsa Suelta existait à Cuba mais c’est un style qui a pris sa force avec Oscar D’Leon dans les années 80, au festival de Varadero. Quand j’ai donné les cours pour Caribean Musica dance, devenue plus tard Plazacuba.com, les élèves venaient apprendre les danses populaires et la salsa cubaine. Les barres ont permis de développer le style car il fallait leur apprendre les bases de la danse. La classe est donc devenue plus technique, on a donné des noms aux pas pour plus de facilité.C’est une danse libre où l’on peut passer par toutes les phases des danses cubaines, de la populaire à l’afro, tout le monde peut inventer des chorégraphies. Pour moi la salsa c’est comme la bouffe, s’il n’y a pas de sauce, il n’y a pas de goût. Avec la salsa suelta je peux passer toutes mes envies : le romantisme, l’énergie, la force… C’est ma façon de vivre. « Linda y maravillosa. Lo que hay que entenderla (ndlr) » « Celui qui apprend la salsa suelta deviendra un danseur des plus complets »

Au début de l’année 2007 et sur l’impulsion du Festival « Cuba Hoy » à Toulouse, Nichito s’improvise chorégraphe et met en scène « Del Caribe Soy », spectacle pour 6 danseurs et 5 musiciens où 2 tableaux des danses afro cubaines sont présentés : la partie Yoruba qui met en scène les dieux et déesses du panthéon Yoruba et la partie Afro-haïtienne, entre danses Gaga et vaudoues où Nichito peut montrer les arts du feu et des machettes que pratiquaient les esclaves à Cuba.

« Les danses afro-haïtiennes, c’est la naissance de ce que je suis comme artiste, mes racines, mes habitudes, ma province. Ce sont les premières danses que j’ai commencé à pratiquer comme danseur de compagnie, en dehors des danses populaires déjà connues. Ces danses, je les ai apprises avec les « portadores », ceux qui descendaient directement des haïtiens arrivés à Cuba : los cosia de Guantanamo, groupe traditionnel ; la tumba francesa, groupe de Guantanamo... »

« J’ai aussi fait beaucoup de rencontres et beaucoup d’échanges avec les danseurs présents pour les festivals Caribailes, etc. L’afro haïtien m’a ouvert les portes. C’est mon folklore et j’adore enseigner ces danses là aux gens parce que ça m’appartient, c’est comme les danses africaines ou la Polka ! C’est la base fondamentale, pour la salsa et le reste. Le gaga c’est la danse du carnaval, plus relâchée, qui pourrait permettre, à long terme, d’inventer une nouvelle forme de fitness. Le Vaudou, c’est la danse de transe, c’est comme une préparation à la guerre, en l’occurrence pour moi, une préparation physique comme je le faisais à Cuba. Ce sont des danses extrêmement fortes et énergiques. Dans les écoles d’art à Cuba, le vaudou c’est comme l’entraînement physique des sportifs de haut niveau. »

Nichito devient également le danseur qui accompagne le groupe cubain de salsa de Maikel Blanco en France mais aussi l’intervenant préféré de APEJS , ADDIM… C’est aussi lui qui commence à développer la Rumba traditionnelle avec Onilde Valon Gomez et apprend au public français l’existence de danses folkloriques de l’oriente : Tumba Francesa, Gaga, Vaudou, Chancletas (claquettes)… Il dit d’ailleurs qu’en fonction de sa préparation physique dépend son énergie, ce qui le maintient vivant.

 

 

   

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01-11-2007
 
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